Stéphane Couturier

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L’architecture, qu’elle soit classique ou moderne, l’histoire, l’humain sont autant de facettes du travail de Stéphane Couturier. Ses photographies aux formats imposants sont celles d’étapes intermédiaires figeant le temps d’une mutation architecturale, autant que les strates composant une histoire dont chaque fragment vient témoigner.


De l’argentique au numérique, ses images composées, superbement orchestrées, apparaissent comme des jeux de lignes, de formes et de couleurs qui sèment le trouble et questionnent. Le photographe qui, dès ses débuts, a fait le choix de la frontalité de la prise de vue, joue avec la confusion qui s’opère entre les différents plans, l’avant et l’arrière se confondant. Un modus operandi que l’on retrouve dans l’ensemble de ses photographies qu’elles soient celles des grands ensembles architecturaux ou des vues d’entreprises, qu’elles soient prises chez Alstom ou Toyota, à Brasilia, Marseille, La Havane, ou Alger. Une griffe, une signature qui a pour effet de témoigner de l’universalité des chantiers. Par contre dans sa série « Melting », il associe plusieurs prises de vue d’un même lieu au sein d’une même image, les incrustant pour en proposer la synthèse jouant ainsi sur l’ambiguté entre deux réalités.


C’est en 2011 que Stéphane Couturier entreprend un travail composé de séries photographiques et de vidéos sur la cité « Climat de France » à Alger. Entre réalité ou fiction, le résultat est magistral. Une fois encore, le photographe s’amuse avec les images, les codes, la notion de temps et d’espace. Dérogeant aux normes, le linge, les antennes paraboliques, les câbles, les enseignes et les plantes sont autant de débordements de vie que les façades ne parviennent qu’imparfaitement à contenir si ce n’est oblitérer.


Ambiguës en leur éloge du construit autant que de l’insurrection qui en procède, les photographies de Stéphane Couturier requièrent l’exigence du regard tant il semble que rien n’y soit livré, que tout s’y doive obtenir.